Mis à jour le 17 décembre 2025

Le relèvement du taux de TVA de 6 % à 12 % suscite de fortes inquiétudes dans le secteur Horeca. La Fédération HoReCa Wallonie fait le point sur cette mesure.

Le secteur Horeca a longtemps combattu au niveau européen afin d’obtenir l’application de taux réduits pour ses activités et services reconnus comme « non délocalisables » et à haute contribution pour le maintien de l’emploi local. Pour rappel, c’est d’ailleurs après quatre années de lobby européen que les activités de restauration ont pu être incorporées à la liste européenne des biens et services pouvant bénéficier de taux réduits.

Depuis l'annonce le 26 novembre dernier de la hausse de la TVA de 6% à 12%, la Fédération HoReCa Wallonie s'est donc mobilisée activement auprès du gouvernement fédéral afin de faire entendre les préoccupations du secteur.  En l'absence de concertation préalable, la Fédération HoReCa Wallonie a multiplié les démarches pour alerter sur les risques économiques, les incohérences de la mesure et ses conséquences concrètes pour les entreprises du secteur.  

Cette décision de relever le taux de TVA de 6% à 12% sur les nuitées d'hôtel et de camping, les plats à emporter et la livraison de repas pénalisera bon nombre d’entreprises. 

Ce seront principalement les indépendants, entreprises familiales, TPE et PME qui seront les plus touchés par ces mesures d’imposition directe sur la consommation de produits et services Horeca, engendrant inévitablement des conséquences directes sur l’emploi local. 

Le gouvernement a annoncé le report de l'entrée en vigueur de la mesure au 1er mars 2026.  Toutefois, les modalités d'application restent à ce jour largement indéterminées.  Des questions majeures demeurent sans réponse. 

La Fédération HoReCa Wallonie demande une clarification du cadre TVA et s’interroge notamment sur la définition précise du terme « take away », pivot de cette réforme : englobe-t-il la restauration rapide, les plats traiteurs, les friteries, les sandwicheries ou encore les repas froids ? Qu’en est-il des produits similaires « à emporter » fabriqués et/ou mis en vente dans le secteur de la distribution (boulangeries, boucheries, supermarchés, stations-services, etc.) ? Sans précision, les entreprises concernées ne peuvent mesurer les distorsions de concurrence à venir et sont incapables d’anticiper l’impact de ce glissement de taux.

Pour les établissements d’hébergement touristique, une autre zone d’ombre concerne les services annexes liés à la nuitée comme le petit-déjeuner ou l’accès à un espace wellness.  La question est légitime : ces prestations devront-elles, elles aussi, être soumises au taux de 12% ? A ce jour, aucun élément ne le confirme, d’autant plus que la situation se complexifie en évoquant notamment l’organisation de packages et la gestion des réservations déjà bouclées pour 2026.  

La position de la Fédération HoReCa Wallonie demeure claire : cette augmentation de TVA est inopportune et gravement dommageable pour un secteur déjà fragilisé.  La Fédération HoReCa Wallonie poursuivra son action afin de démontrer les effets négatifs de cette mesure sur le secteur et pour défendre les intérêts des indépendants, TPE et PME impactés par cette mesure.